En hommage à Louis Joinet….

Louis Joinet vient de nous quitter et c’est une grande peine de voir partir cette grande figure de la magistrature, de la CNIL et de la défense des libertés publiques. Homme de loi, mais aussi homme de cœur, tout son parcours reflète les profonds sentiments d’humanité et d’empathie qui l’animaient. Je pense à lui, et à ses proches.

G. DESGENS

Louis Joinet est un magistrat au profil atypique qui a voué sa vie à la défense des plus faibles. Il est né à Nevers en 1934. Au début des années 1950, il commence sa carrière comme éducateur de rue où il aide les jeunes du quartier des Halles à Paris. De retour de la guerre d’Algérie en 1961, il entame des études de droit. Cela le mène à l’École nationale de la magistrature d’où il sort major en 1966. Au début de sa carrière, il s’intéresse aux balbutiements de l’informatique afin d’y évaluer l’impact de ces technologies sur le droit. Il représente la France au sein du Conseil de l’Europe. Il est l’un des membres fondateurs du Syndicat de la magistrature en 1968. Suite au scandale « SAFARI », il participe à la rédaction du rapport « Tricot ». Ce rapport donnera naissance à la loi « Informatique et libertés ». Après le vote de la loi, il devient le premier directeur juridique de la Commission nationale de l’informatique et des libertés (CNIL). Il en est débarqué en décembre 1980, ce qui provoquera un scandale médiatique. Ce fin juriste, spécialiste du droit humanitaire de la guerre, plus particulièrement des guerres d’indépendance, entre à l’ONU en 1974, en qualité d’expert indépendant à la sous-commission des droits de l’homme. Il y passera trente-quatre ans de sa vie. Il devient le défenseur des prisonniers politiques et des familles de disparus. Ses fonctions l’amèneront à visiter cent soixante-quatorze lieux de détention dans le monde. Il a été l’auteur, en 1997, des principes contre l’impunité du Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme, aussi appelés les « principes Joinet », qui font partie des principes de la justice transitionnelle.

Il a publié ses mémoires en 2013 aux éditions La Découverte.

Lire la postface écrite par Louis Joinet dans le dernier ouvrage de Guillaume Desgens-Pasanau : CLIC 

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